L’Industrie Papetière française maîtrise ses émissions de CO2

L’énergie est un élément important des procédés de fabrication de la pâte et du papier. L’énergie permet :

  • de séparer les fibres de bois les unes des autres (procédé mécanique ou thermo-mécanique),
  • de chauffer le bois pour faciliter son défibrage ou sa cuisson,
  • de mélanger l’eau à la pâte séchée ou au papier récupéré, et ensuite de passer de la phase liquide à un papier solide en la vaporisant.
  • d’entraîner les machines, pompes etc.

Le profil énergétique de l’Industrie Papetière est caractérisé par trois éléments principaux :

  • plus de 40% de la production d’énergie repose sur l’utilisation des sous-produits du bois, que l’on appelle aussi biomasse,
  • des progrès constants ont été effectués ces dernières années en matière d’efficacité énergétique,
  • parmi les combustibles fossiles utilisés, ceux ayant un faible pouvoir d’émission de gaz carbonique ont vu leur part régulièrement s’accroître.

Le rôle significatif de la biomasse dans la production d’énergie de l’Industrie Papetière

En 2010, la biomasse a représenté 49 % de la consommation d’énergie calorifique de l’Industrie Papetière, représentant un peu plus de 1 Mtep, ce qui fait l'Industrie Papetière le plus important secteur industriel producteur et consommateur d'énergie "verte".

Les combustibles issus de la biomasse ont comme caractéristique, du fait de leur origine renouvelable, de ne pas contribuer au réchauffement climatique.

La combustion de biomasse (écorces, liqueur noire, plaquettes forestières, fibres impropres à la production de papier) permet dans de nombreuses installations la production de vapeur (utilisée comme source de chaleur) mais aussi fréquemment d’électricité. Cette technologie de production combinée de chaleur et d’électricité (cogénération) est encouragée par les Pouvoirs Publics dans la mesure où elle permet d’obtenir un rendement énergétique global supérieur à celui de la production disjointe de ces deux formes d’énergie.

Un accroissement de l'efficacité énergétique

L’Industrie Papetière, en raison du poids que représente l’énergie dans sa structure de coût de revient, a cherché de longue date à réduire sa « consommation énergétique spécifique » (quantité d’énergie nécessaire à la production d’une tonne de pâte ou de papier).

Cette efficacité énergétique a été améliorée chaque fois que des technologies nouvelles ont permis, dans des conditions technico-économiques acceptables, la réalisation des investissements nécessaires.

Après une stagnation durant la deuxième moitié des années 1990, les émissions spécifiques sont passées de plus de 9 GJ/t à 8,3 GJ/t en 2010.

Cette tendance à la réduction de la consommation d’énergie s’est effectuée en dépit de réglementations environnementales (dans le domaine de l’eau par exemple) tendant au contraire à un accroissement de la consommation d’énergie.

L'Industrie Papetière et la substitution de combustible

Les papeteries ont substitué au cours de ces dernières années des combustibles fossiles fortement émetteurs de CO2 (charbon, fioul) par des combustibles à plus faible pouvoir d’émission (gaz).

Le contenu carbone d'un gigajoule de gaz est environ la moitié de celui d'un gigajoule de charbon et de 25 % inférieur à un gigajoule de fioul.

L'Industrie Papetière a largement substitué le gaz au charbon et au fioul puisqu'en 1985 le gaz représentait 40 % des besoins de l'Industrie Papetière alors que maintenant il couvre près de 80 % des besoins en énergie fossile.

L’utilisation de ces combustibles fossiles a conduit en 2010 à l’émission de 2,4 millions de tonnes de CO2.

En conclusion : des émissions spécifiques en baisse

L'utilisation croissante de biomasse, l'amélioration de l'efficacité énergétique et, l'utilisation croissante de gaz au détriment des autres combustibles fossiles, ont permis à l'Industrie Papetière de diminuer de façon importante ses émissions de CO2 fossile pour chaque tonne de papier produite.

En 20 ans ces émissions ont été divisées par 2, et depuis 10 ans cette baisse s’effectue sur un rythme moins élevé. Les principales évolutions en terme de combustible ayant été réalisées. Les améliorations à venir devraient provenir de l’amélioration de l'efficacité énergétique et de l’augmentation de la part de la biomasse.